Les 3 sur le Lac Titicaca … 2/2

Pérou – 03 au 07 Juin 2017               Galerie Photos (Cliquer ici)170605-Amantani-Perou (77) (Copier)
Après la Bolivie, c’est du côté péruvien que nous continuons à explorer le lac Titicaca.
En partant de Puno (où nous fêtons les 50 ans d’Alain), nous découvrons de nouvelles îles magnifiques nous offrant chacune une expérience différente :
– Les Uros : des îles flottantes en roseau, historiques, mais aujourd’hui un peu « attrape-touristes »,
– L’île d’Amantani : à la rencontre de Sylvestre et Irma, un couple de quechuas au large sourire,
– Taquilé : l’île des traditions figées dans le temps.
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Passage de frontière tranquille. 30 minutes sans discussion, ni fouille de sacs.
Dès le passage de la barrière, nous sommes frappés par le retour des tuk-tuks asiatiques. Mais ici, à cause du froid, ils sont couverts de parois plastiques décorées et colorées.

2ème nouveauté, c’est très sale le long des routes. Ce sont donc bien les Péruviens qui salissent Copacabana. Quel dommage ! Jusqu’ici, l’Amérique du sud nous avait paru assez propre dans l’ensemble.
Nous arrivons à Puno, grande ville animée, au bord sud-ouest du lac, relativement moderne par quelques rues du centre-ville, achalandées de quelques magasins occidentaux.

En ce samedi 3 juin, c’est l’anniversaire et les 50 ans d’Alain !
Son premier cadeau, une terrasse ensoleillée pour voir la finale de Champion’s League Real Madrid – Juventus de Turin. Le 2ème, un superbe carnet de voyage Bolivien dédicacé par Jonas. Et pour finir, resto gastronomique péruvien en soirée.

Note d’Alain : « Merci mes amours ! Et merci à tout le monde pour tous vos messages de si loin ! »

Le lendemain est consacré à organiser les jours suivants sur les îles péruviennes. Le soir, dîner spectacle de danses locales.

On goûte une spécialité du pays : le cochon d’inde, Cuy en péruvien, se prononce couille.
Tout de suite, ça ouvre l’appétit et les jeux de mots …

Bon, ça, c’est fait, nous n’y reviendrons pas ! On préfère largement les ceviches, salades de poissons crus, le lama grillé, la truite à la plancha, et toutes les nombreuses richesses culinaires péruviennes.

Puis, c’est le matin du départ pour 2 jours de visites des îles Uros, Amantani et Taquile.
Nous sommes un petit groupe de 13, de tous horizons, guidés par Tito Castro, plaisant, intéressant, et parlant espagnol, anglais et français.
Les îles Uros sont des îles artificielles fabriquées en joncs du lac. C’est L’image du lac, avec ses cholitas et ses enfants jouant pieds nus sur des sols jaunes en joncs.
Bien entendu, certaines îles ne sont pas vraiment habitées, et n’existent que pour vendre de l’artisanat aux touristes dans la journée. Et certaines d’entre elles font penser à un village de Disney. Mais cela reste un mode de vie existant depuis des siècles, apparus lors de l’invasion des montagnes par les Incas. Les Uros, chassés, ont trouvé refuge au milieu du lac, grâce à ce mode d’habitation. Et l’ont conservé jusqu’à présent. On décide donc de se laisser porter par l’histoire.

On y retrouve le même urbanisme que dans les villages flottants de pêcheurs asiatiques. Certaines îles font office de bâtiments administratifs, d’école, d’église, etc …
L’entretien est simple. Toutes les semaines, ils rajoutent une couche croisée de joncs coupés. Pour entretenir sous les maisons, ils les soulèvent à la main, à 4 ou 5.
Sous les couches de joncs, des blocs de racines de joncs et de terre, hauts de 1 à 2m, joints entre eux par des cordes. Comme les courants finissent par les vider de leur terre, il faut fabriquer une nouvelle île régulièrement et déménager les maisons. Simple et efficace.
Si des co-iliens ne s’entendent plus, il n’y a qu’à scier la plateforme en deux pour se séparer.

En fin de matinée, nous partons pour l’île d’Amantani. Une « vraie », en dur.
Elle est habitée par l’ethnie Quechua, organisée en une dizaine de communautés. Nous sommes accueillis à la sortie du bateau par la communauté Cortequachi, en habits de fête, et en ce qui nous concerne, par Irma et Silvestre. Chaque famille qui en fait la demande reçoit des touristes une semaine tous les 2 mois, pour faire tourner et faire bénéficier à toute la communauté.

Le village de la communauté est en haut de l’île. La montée est rude.
Les maisons sont en adobe, les jardins fleuris. Les chambres sont simples, propres et les lits confortables, avec 3 couvertures chacun. Pas de salle de bain, pas de douche. On verra au retour … On se lave dehors, à l’eau (très) froide.

On discute un peu avec Irma et Silvestre qui parlent aussi espagnol. Ils sont grand-parents, à 47 ans tous les 2. Leur fille Nelly, et leur gendre ont un petit garçon, Jérémie, de 2 ans. Ils sont étudiants, et travaillent en même temps, pour payer les études. Irma et Silvestre leur envoient un peu d’argent dès qu’ils peuvent pour les aider.
Comme tous les habitants de l’île, Irma et Silvestre sont agriculteurs et éleveurs de moutons. Ils sont auto-suffisants, et troquent uniquement pour le peu dont ils ont besoin et qui ne se trouve pas sur l’île. Une vie qui a peu changée depuis des siècles. Pourtant, ils sont au courant de l’actualité internationale par la radio.

Ils sont peu diserts, Il faut insister un peu pour qu’ils développent l’échange, mais tous les 2 sont très complices, ont toujours le sourire, et Irma fait souvent le clown. Nous passons un bon moment.
Nous déjeunons d’une excellente soupe, et d’un plat de pommes de terre et fromage, sorte de raclette péruvienne 😊, le tout arrosé de mate de muña, tisane d’herbe mentholée de l’altiplano, bonne pour le mal d’altitude.

Dans l’après-midi, nous rejoignons le groupe pour monter sur les 2 collines sacrées de l’ile, où se trouvent 2 temples dédiés à la Pachamama et au Pachatata (mas o meños = Yin & Yang, Maman & Papa), les divinités andines ancestrales, qui cohabitent avec toutes les églises et sectes chrétiennes existantes au Pérou.

La montée se fait par des chemins empierrés, séparés des champs par des murs en pierre, et en passant sous des arches en pierres …
Les vues de ces mélanges de minéral, d’eau du lac immense, et de végétal sont sublimes, avec toujours la Cordillère Royale enneigée en fond.

Nous rentrons avec le coucher du soleil pour rejoindre Irma et Silvestre dans leur maison.
Dîner de soupe et patates, accompagné de mate de muña…
Puis c’est la soirée festive … en costumes. Alex est habillée de 2 jupes larges plissées en grosse toile, d’une chemise blanche brodée de fleurs de couleurs, et d’une étole noire brodée portée sur la tête, avec le bonnet péruvien en sus. Magnifique !
Alain porte un poncho bien chaud, et bien coloré, avec le bonnet. Jonas n’a droit qu’à un bonnet, car ils n’ont pas de vêtements adaptés à sa taille.
Nous nous retrouvons tout le groupe dans la salle des fêtes, et tous habillés de la même façon.
Un groupe de musicien met l’ambiance. On s’amuse tous pendant une heure. A 21h30, extinction des feux.

Réveil avec le soleil, à 6h. Petit-déjeuner pancakes excellents. Puis nous disons au-revoir à Irma qui part inspecter ses bêtes. Silvestre nous accompagne jusqu’en bas de l’ile, au port, pour nous dire au-revoir.
Expérience un peu courte, malheureusement, mais intéressante, car l’immersion est réelle. Et nous sommes tombés sur un couple charmant.

Nous partons ce matin pour l’ile de Taquile, à 1 heure de bateau. L’île est beaucoup plus petite qu’Amantani. 6 petites communautés vivent sur l’ile, avec des traditions et des règles très vivaces et parfois dures :
Ils n’ont pas d’animaux de bât, car ils doivent porter leurs fardeaux eux-mêmes. Ils ne doivent s’habiller que de vêtements tissés ou tricotés par eux-mêmes (les femmes fabriquent les vêtements des hommes et INVERSEMENT). Ainsi, les femmes et les hommes tricotent et tissent un matériau unique, primé par l’UNESCO, fait de laine d’alpaga ou de mouton et de cheveux féminins.
Avant de se marier, une co-habitation de 3 ans est obligatoire, car après, le divorce est interdit. Le mot n’existe même pas dans les dialectes.
Enfin, toute l’île fonctionne en coopérative. Ils sont auto-suffisants, et les quelques magasins et restaurants sont tenus par des gérants différents toutes les semaines. Tous les prix sont fixés et l’argent remonte à la communauté qui partage équitablement entre tous.
Tout le monde assume la fonction d’autorité au moins une fois dans sa vie.
De même, les vêtements et coiffes sont codifiés, et changent selon l’âge, la situation maritale, la fonction sociale, et même, l’humeur du jour.
Bref, nous montons depuis le petit port, jusqu’au village, par un joli chemin empierré, à travers des maisons en adobe, et de beaux jardins bien fleuris.

Nous tombons sur un groupe d’hommes enjoués, munis de balais et de seaux remplis de peinture blanche. Ils sont en train de badigeonner le chemin et les murs en blanc afin de montrer le chemin à leurs invités des autres îles qui doivent venir dans quelques jours.
Pour la Pentecôte, ce sont plusieurs jours de fête qui sont organisés tous les ans. L’occasion de rencontrer de nouvelles personnes, de former de nouveaux couples, et de s’amuser, de sortir du quotidien.

On visite le village, la place centrale.

Nous déjeunons d’excellentes truchas à la plancha. On commence bien sur par la soupe de légume/quinoa, et on accompagne de mate de muña 😊 ! Jonas adore.

On termine la traversée du village, et de l’île pour atteindre le 2ème port, à travers encore des chemins, des arches, et le long de murs … en pierre.

Nous rentrons à Puno, où demain, nous prendrons le bus pour Arequipa.
Au-revoir Lac Titicaca, tes couleurs enchanteresses, tes mondes légendaires, et tes habitants aux robes colorées, simples et souriants.

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